CANCER DU SEIN : toujours un gros besoin de dépistage

Pour le 4 février, journée mondiale de lutte contre le cancer, nous revenons sur le cancer du sein, le plus fréquent chez les femmes.

Le cancer du sein atteint plus les femmes que les hommes selon Abdramane Alou Koné, docteur en médecine, chef de service et spécialiste de l’oncologie médicale du Centre hospitalier et universitaire du Point ‘’G’’. Selon lui : « Le cancer du sein est une prolifération tumorale. C’est-à-dire une multiplication anarchique des cellules qui constituent l’organisme. Et quand ça arrive la patiente sent une masse au niveau du sein aussi appelée boule, qui n’était pas présente avant.  Cette boule peut être douloureuse, ce qui attire rapidement l’attention. Mais il faudra aussi signaler que la boule peut ne pas être douloureuse et à ce moment si la patiente ne fait pas attention en faisant l’auto palpation à chaque fois, la maladie peut évoluer et arriver à un stade avancé.»

Les médecins procèdent par plusieurs techniques pour dépister le cancer du sein, à commencer par la palpation.  La mammographie est un examen radiologique révélant les lésions indétectables par la palpation. Il existe également d’autres analyses en imagerie : l’échographie mammaire, l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et aussi des prélèvements comme la biopsie, la cytoponction.

Depuis quelques années l’Etat subventionne le traitement du cancer. « Le cancer en général est subventionné par l’Etat. Il nous donne les produits dans la mesure du possible. Il y a une enveloppe chaque année, qui va dans les 300 millions. Les produits anti-cancéreux coûtent cher mais cette enveloppe permet d’avoir quelques médicaments pour traiter les cancers. Et la prise en charge ne concerne que le service oncologie médicale du CHU Point G. »

En plus de la subvention de l’État, l’association Médecins Sans frontières (MSF) s’est engagée avec d’autres pour lutter contre cette maladie. « MSF a commencé à s’intéresser aux cancers depuis mi 2018. Afin de voir ce qu’ils peuvent faire dans la lutte contre le cancer, en commun accord avec le ministère de la Santé et le service oncologie du Point G. Nous avons convenu qu’ils peuvent essayer de s’occuper en fonction de leur moyen, du cancer du sein non métastatique, et des cancers du col de l’utérus. Tous les cancers du sein non métastatique sont pris en charge gratuitement par MSF. Le cancer du sein non métastatique : c’est-à-dire quand le cancer n’a pas atteint d’autres organes en dehors du sein. » Ajoute-t-il.

A en croire le spécialiste, quand le cancer du sein n’est pas détecté à temps, d’autres organes comme les poumons, le foie, les os peuvent être touché, ce qui compliquera la prise en charge.

Facteurs de risques

Il existe plusieurs facteurs de risque et la prise en charge des patientes dépend des caractéristiques du cancer et de son extension,confie le docteur Koné « Il existe plusieurs facteurs de risque pour développer le cancer du sein. Nous prenons en compte l’allaitement, il est préférable de laisser les enfants téter au minimum un an et je préfère qu’elles les allaitent jusqu’à deux ans. En aucun cas les femmes ne doivent refuser d’allaiter les enfants pour des raisons professionnelles ou autres et cela pour leur bien-être et celui de l’enfant. Qu’elles évitent de porter des soutiens gorges en soie et si elles le portent de grâce qu’elles l’enlèvent une fois à la maison afin de laisser les seins respirer. Et éviter le surpoids, il constitue également un facteur de risque. Il existe aussi des facteurs génétiques qui font que les enfants peuvent avoir le cancer du sein si la maman a été victime, de ce fait elles doivent faire attention pour ne pas le développer » conclut-il, en exhortant la population à aller se faire dépister chaque fois pour éviter tout risque.

Oumou Fofana

Cet article a été publié sur le site Womanager

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