Forum des manifestations littéraires en Afrique : cap sur le réseau

Le 1er Forum des manifestations littéraires en Afrique s’est tenu les 21 et 22 février à l’Hôtel Salam-Azalai. Cette initiative de la Rentrée Littéraire du Mali a permis de regrouper les représentants de vingt salons du livre et rencontres littéraires périodiques appartenant aux différentes aires géographiques, culturelles et linguistiques du continent.

Pour Karim Chikh, éditeur algérien et modérateur du Forum, « c’est la première fois qu’une rencontre aussi importante se tient en Afrique avec la représentation de zones linguistiques différentes. Il y a des organisateurs de manifestations littéraires ou de salons du livre francophones, anglophones et lusophones, arabophones ». Il estime que ce Forum a permis aux acteurs du livre des 15 pays présents de se connaître, d’apprendre les uns des autres les caractéristiques et difficultés de chaque manifestation. Et de réfléchir aux mécanismes qui pourraient harmoniser les rendez-vous (par exemple faire en sorte qu’ils ne se chevauchent pas dans le temps), et aux barrières et cloisonnements qui limitent la mobilité du livre, de l’éditeur et de l’auteur, ainsi que des moyens d’y remédier. Il a rappelé que les discussions ont notamment porté sur l’importance de la traduction pour assurer une meilleure circulation des livres sur le continent.

Abondant dans le même sens, Ameziane Ferhani, auteur algérien et représentant du SILA (Salon du livre d’Alger), considère que ce forum est historique et offre l’opportunité d’un véritable décloisonnement. « On a découvert l’extraordinaire vitalité du livre et de ses promoteurs, malgré des conditions difficiles ». Et de citer notamment (« une merveilleuse initiative ») la Biennale littéraire francophones d’Afrique noire de Bobo-Dioulasso, consacrée au livre pour enfant, et qui réussit à partager les livres en amont, à les faire lire et à engager des rencontres fécondes avec les auteurs. Lola Shoneyin, de Aké Festival (Nigeria) renchérit : « Nous pouvons dire que nous avons déjà brisé certaines barrières. La discussion a été inclusive et de belles résolutions en sont sorties. Il est important de noter que nous sommes très déconnectés les uns des autres sur le continent, et cette initiative permet de mieux lier entre eux les Africains ».

Décloisonner l’Afrique 

Au cours de ces 2 jours de rencontre, les participants ont proposé plusieurs solutions en phase avec le thème retenu : « Décloisonner l’Afrique ».  Sékou Fofana, directeur de l’association Afrilivres, a signalé combien il était impératif de promouvoir les langues africaines. « On ne peut décloisonner l’Afrique qu’à travers les langues de l’Afrique. Ces dernières brisent les frontières. Elles sont transfrontières : le fulfulde est parlé de la Guinée à la Corne de l’Afrique, l’haoussa comprend 100 millions de locuteurs, les langues mandingues et bien d’autres doivent être écrites aussi ».

La problématique de la traduction, de son coût et du manque de traducteurs, l’accessibilité des livres, les problèmes liés aux droits d’auteurs et aux barrières douanières et fiscales, le difficile accès aux médias du monde des livres, ou encore les avantages du numérique ont été certaines des questions abordées. Ainsi que la problématique-clé de la distribution, de la cherté des livres, ou encore de la nécessaire résilience après la pandémie de COVID qui a eu notamment pour effet la raréfaction du papier sur le marché international.

Appel

A l’issue de la rencontre, les participants au Forum africain ont décidé « de mutualiser leurs efforts et de fédérer toutes les volontés et énergies vouées, d’une manière ou d’une autre, à l’essor du livre et de la littérature en Afrique ».  Dans cette dynamique, un « Réseau d’échanges et d’initiatives » sera créé pour permettre de poursuivre la discussion et de constituer une force de proposition à l’échelle du continent. Est ainsi créé le Réseau Africain des Manifestations Littéraires (RAMALI), doté d’une coordination continentale pour une durée d’une année, à l’issue de laquelle une rencontre d’évaluation permettra d’établir le bilan du réseau et de programmer les étapes suivantes.

Le Forum a décidé de « lancer un appel à l’Union Africaine ainsi qu’à l’ensemble des gouvernements pour créer les meilleures conditions de développement du Livre, de la lecture et de la littérature sur le continent, autant du point de vue culturel, légal, financier, fiscal et autres ». Et d’ajouter : « à l’heure des nouvelles technologies de communication, la production de contenus numériques représente un enjeu stratégique auquel le monde de l’édition et de la création littéraire doit contribuer ».

Oumar SANKARE

Déclaration du 1er Forum des manifestations littéraires en Afrique

Pour sa 15e édition, la Rentrée Littéraire du Mali a abrité le premier Forum africain des manifestations littéraires, regroupant les représentants de 20 salons du livre et rencontres littéraires périodiques appartenant aux différentes aires géographiques, culturelles et linguistiques du continent.

Durant deux journées, les 21 et 22 février 2023, les représentants de ces manifestations se sont attachés à projeter dans leur domaine le thème de cette Rentrée littéraire du Mali, à savoir « Décloisonner l’Afrique » et ce, en vue d’une « plus grande circulation et visibilité des auteurs édités sur le continent ».

Le Forum a permis de passer en revue la situation de ces manifestations littéraires qui présentent une grande diversité, un dynamisme avéré, mais connaissent également de nombreuses difficultés liées notamment à la réalité difficile du secteur du Livre sur le continent.

À l’issue de leurs discussions, les participants au Forum africain ont décidé de mutualiser leurs efforts et de fédérer toutes les volontés et énergies vouées, d’une manière ou d’une autre, à l’essor du livre et de la littérature en Afrique.  Dans ce but, ils créent un Réseau d’échanges et d’initiatives permettant de relier leurs activités et de constituer une force de proposition à l’échelle du continent.

Le Réseau Africain des Manifestations Littéraires, par abréviation RAMALI, a décidé de se doter d’une coordination continentale pour une durée d’une année à l’issue de laquelle une rencontre d’évaluation permettra d’établir le bilan des activités du réseau et de programmer les étapes suivantes.

Le Réseau est ouvert à tous les acteurs du monde littéraire et éditorial, au titre de membre ou de partenaire.

Le Forum a, par ailleurs, décidé de lancer un appel à l’Union Africaine ainsi qu’à l’ensemble des gouvernements pour créer les meilleures conditions de développement du Livre, de la lecture et de la littérature sur le continent, autant du point de vue culturel, légal, financier, fiscal et autre. À l’heure des nouvelles technologies de communication, la production de contenus représente un enjeu stratégique auquel le monde de l’édition et de la création littéraire doit contribuer.

Les participants au Forum remercient vivement les organisateurs de la Rentrée littéraire ainsi que les autorités du Mali.

Réseau Africain des Manifestations Littéraires.  RAMALI

Fait à Bamako, le 22 février 2023

Ont participé et signé le présent communiqué :

Abdoulaye Fodé N’dione pour le festival international de littérature de Dakar, Sénégal

Aliou Sow pour Salon International du livre jeunesse de Conakry, Guinée

Ameziane Ferhani pour Salon international du livre d’Alger – SILA

Ange Felix Ndakpri pour Salon international du livre d’Abidjan – SILA

Elisabeth Jonhson pour Pa Gya litterary festival in Accra, Ghana

Joseph Ndwaniye pour les Rencontres internationales du livre francophone du Rwanda – RLIF

Lola Shoneyin pour Ake festival, Nigeria

Michèle Rakotoson pour le Salon du livre en monde rural, Madagascar

Morakabé Raks Seakhoa pour International african writter’s day, Afrique du Sud

Nadia Essalmi pour Littératures itinérantes, Maroc

Safiatou Faure Sissoko pour Biennale des littératures francophones d’Afrique noire de Bobo Dioulasso, Burkina Faso

Ibrahima Aya pour la Rentrée littéraire du Mali

Armando Arthur Joao pour le Mozambique

Mohamed Lamine Camara pour Les 72heures du livre de Conakry, Guinée

Sékou Fofana pour Afrilivres

Karim Chikh pour Panaf, APIC

Sulaiman Adebowalé pour le Prix Sarawina du jeune auteur

Elisabeth Daldoul pour Livres d’ailleurs Nancy

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